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La guerre contre l'occident
La nouvelle étape dans la stratégie des islamistes
extrémistes
Au début de ce siècle nouveau, les extrémistes
islamistes semblent déterminés à intensifier et
élargir leurs opérations terroristes contre l'Amérique
et l'occident en général. Plusieurs facteurs les aident
à s'engager dans cette voie: la présence de l'armée
américaine dans les "lieux saints", considérée
comme une offense aux musulmans, les événements tragiques
dans les territoires occupés et le désespoir du peuple
palestinien.
De Hassouna Mosbahi
Le dernier chapitre du livre "Le choc des civilisations"
de Samuel Huntington, ancien conseiller du Président Jimmy Carter,
aujourd'hui professseur à Harvard, paraît très conforme
au scenario d'un film d'horreur hollywoodien. En effet, le penseur américain
imagine que les islamistes extrémistes réussissent à
acquérir l'arme nucléaire et lancent un missile contre
une ville occidentale qui n'est autre que Marseille. La puissance ainsi
visée répond elle aussi par le feu nucléaire contre
le pays d'où l'attaque a été perpetrée.
Ainsi commence la troisième guerre mondiale, aux alentours de
l'année 2010.
La frappe terroriste du 11 septembre 2001, à New York et à
Washington, paraît semblable à ce qu'a déjà
prévu et imaginé Huntington dans son chapitre de politique
fiction, avec deux différences: la première est que la
ville attaquée n'est pas Marseille, mais New York, le symbole
de la civilisation américaine et occidentale et le Pentagone,
le cerveau de cet appareil militaire gigantesque outre-atlantique qui
jusque-là paraissait invincible et intouchable. La deuxième
différence est que l´arme utilisée n´est pas
un missile mais un avion suicide.
Relire ce chapitre en ces jours où la riposte militaire des Etats-Unis
à l'attaque terroriste du 11 septembre semble sûre et imminente,
me paraît très instructif à plusieurs niveaux. D'abord
parce qu'il nous confirme que les islamistes extrémistes peuvent
devenir une menace réelle non pas seulement contre l'occident,
mais contre le monde entier. Cela n'excluera donc pas qu'ils arrivent
un jour à entraîner l´Humanité entière
dans une longue guerre destructive et meurtrière. Le deuxiéme
élément instructif qu'on peut déduire de cette
lecture est que les extrémistes ont par cette opération
spectaculaire, montré au monde qu'ils ont franchi une nouvelle
étape dans leur Jihad. Vers la fin des années 70, et au
début des années 80, encore en formation, et donc manquant
de moyens, ils avaient choisi que leurs actions se limitent aux pays
où ils vivent. Leur but était de former sur la base des
principes "purs et durs" de l'islam des cadres révolutionnaires
dans les mosquées, les quartiers déshérités,
ainsi que dans l´armée et la police. La seule opération
de grande envergure qu'ils avaient accomplie était l'assassinat
du président Sadate, "le grand traître" comme
ils l'appellaient. Mais c´était avec la complicité
des soldats de l'armée ègyptienne qu´ils avaient
pu réussir leur coup. La guerre indirecte menée par les
Etats-Unis et ses alliés arabo-musulmans, surtout l'Arabie Saoudite
et le Pakistan contre la présence de l'Armée Rouge en
Afghanistan était pour les extrémistes une occasion en
or pour s'aguerrir et se doter d´une formation militaire solide
et efficace et ce avec l'aide des instructeurs américains et
des agents de la CIA. Cela allait bientôt les rendre plus offensifs
donc plus menaçants et plus dangereux.
Avec la guerre du Golfe survenue peu après l'effondrement du
bloc communiste, les islamistes extrémistes changent de cible.
Maintenant, ce n'est pas le communisme athée, représenté
par l'Union Soviétique qui est leur ennemi principal mais l'Amérique,
symbole de cet occident "décadent et immoral", ainsi
que ses alliés et ses "valets" (comme ils préfèrent
dire) dans la région. Revenus de l'Afghanistan, leurs théoriciens,
ainsi que leurs chefs militaires formés à l'école
américaine la plus sophistiquée avaient commencé
à préparer dans l'ombre des offensives pour s'emparer
du pouvoir dans différents pays arabes et musulmans. Leurscibles
idéales étaient l'Égypte et l'Algérie, deux
pays considérés comme les plus importants et les plus
puissants dans le monde arabe. Le résultat de leurs offensives
se chiffrent par des milliers de morts dans les deux pays. Et même
s'ils ont subi de nombreux revers, ils restent jusqu´à
aujourd´hui accrochés à cet idéal: édifier
une république islamique en Algérie et en Egypte. Après
l'écrasante victoire remportée par les États-Unis
et ses alliés arabes et occidentaux contre l´armée
de Saddam Hussein, les opérations terroristes avaient pris de
l´ampleur, s'étendant à l'Europe et aux États-Unis.
A partir de ce moment-là, les morts victimes des attentats suicides
allaient se compter par dizaines, sinon par centaines.
Au début de ce siècle nouveau, les extrémistes
islamistes semblent déterminés à intensifier et
élargir leurs opérations terroristes contre l´Amérique
et l´occident en général. Plusieurs facteurs les
aident à s'engager dans cette voie. D'abord la présence
de l'armée américaine dans les "lieux saints",
considérée comme une offense à l'islam et aux musulmans.
Le deuxième facteur sont les événements tragiques
dans les territoires occupés et le désespoir du peuple
palestinien. S'ajoutent à cela les nombreuses et difficiles crises
qui rongent plusieurs pays arabes et musulmans et l'incapacité
des régimes mis en place à les résorber et donc
à satisfaire les besoin des masses et leur désir d´une
vie meilleure.
Mais le facteur principal est la politique américaine envers
les Palestinien, les arabes et le monde musulman au général.
Une politique fondée sur une alliance quasi-sainte avec l'ètat
d'Israel, et un mépris presque total envers les droits fondamentaux
du peuple palestinien. En face du monde arabe et musulman, les États
Unis semblent toujours opter pour le profit économique et la
sauvegarde de ses interêts vitaux plutôt qu'aider d'autres
à avoir leurs place au soleil. D'où cette haine féroce
que ressentent de nombreux arabes et musulmans envers les États
Unis et qui, exploitée par les islamistes extrémistes,
risque d'aviver de plus en plus les tension, et peut-être sera-t-elle
un jour l'étincelle d'un conflit réel entre l'occident
et l'islam comme l'avait déjà prévu Samuel Huntington.
18. September 2001
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